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Cela fait plusieurs semaines que j’observe, parmi les combinaisons qui vous conduisent à parcourir ce blog, un intérêt pour l’épicerie fine. J’y vois naturellement un lien avec le Monde de l’Epicerie Fine, revue professionnelle que j’anime avec ma belle-sœur Marie-Edith Lecoq, mais au-delà de ça, une curiosité justifiée par l’actualité heureuse (enfin, pas toujours) qui est associée à ce type de commerce.

Mais qu’est-ce qu’une épicerie fine ? C’est un commerce où l’on trouve des produits alimentaires pour l’essentiel, de grande qualité. Ce sont parfois des produits luxueux (caviar…), des spécialités régionales (réinventées ou pas) mais ce sont toujours des produits rares issus d’un savoir-faire indiscutable. En fait, les épiceries fines sont des petites ambassades du bon goût alimentaire à travers le monde, des portes ouvertes sur nos meilleurs produits, nos meilleures recettes, mais aussi celles et ceux de tous les pays du monde. On y trouve pour l’essentiel des produits de l’épicerie dite sèche (moutardes, condiments, conserves, sels, poivres, épices), des douceurs (chocolats, biscuits, miels..) et le plus souvent une sélection de vins, d’alcools précieux, de thés, de cafés et autres boissons originales. Certains de ces commerces sont équipés d’un rayon frais qui leur permet de vendre du foie gras, du saumon, du caviar, de belles charcuteries… Bref, on y trouve le meilleur.

De vrais professionnels à votre écoute

Et on y trouve aussi, c’est essentiel, un commerçant à votre écoute, qui va prendre le temps de vous guider, de vous conseiller et de répondre à toutes les questions qui pourraient vous passer par la tête sur la composition d’un produit, son origine ou la meilleure façon de l’accommoder. Les épiceries fines sont donc des lieux où l’on rentre pour se faire plaisir, faire plaisir, apprendre, découvrir et retrouver des sensations de délices qui sont souvent liées à des souvenirs d’enfance, de vacances. Cela fait de ces boutiques des lieux vraiment à part, où la gourmandise est prise au sérieux par des hommes et des femmes passionnés (mieux vaut l’être) qui n’ont pas d’autre préoccupation que de partager avec vous leur dernier coup de cœur, leur dernière trouvaille. En résumé, ce sont des lieux où l’on se fait du bien pour des sommes qui restent raisonnables : la meilleure des pâtes sèches, la meilleure confiture où la meilleure tablette de chocolat étant un investissement plaisir relativement accessible. Mais les épiceries fines sont plus que ça. Elles jouent un rôle culturel quand elles se font conservatoires du goût, d’une recette oubliée ou d’une spécialité qu’un petit artisan fabrique encore à petite échelle. Et les épiciers fins jouent un rôle essentiel parce qu’ils ou elles respectent les produits qu’ils vous proposent. Ce sont aussi des découvreurs qui permettent à des producteurs novateurs de vous trouver sur leur chemin. Cela fait beaucoup de responsabilités quand on y songe et on comprend la curiosité et l’attachement des Français pour ces lieux révélateurs d’émotion.

Un secteur concurrencé

Bien sûr, l’épicerie fine n’appartient pas qu’aux épiciers fins. Certains grands magasins, certaines  grandes surfaces et presque tous les canaux de distribution  – site de vente en ligne compris- s’intéressent à ce marché porteur. Mais à quelques exceptions près (La Grande Epicerie, Lafayette Gourmet…), leur offre ne pourra jamais être comparée à celle des spécialistes. Car il ne suffit pas de poser une confiture précieuse en tête de gondole pour que la messe soit dite. Et l’on ne vend pas un thé aromatisé –même griffé par une marque prestigieuse- à côté d’un thé de pure origine sans engager la conversation qui s’impose. En fait, les produits d’épicerie fine ne sont pas des marchandises au sens où ces distributeurs (je n’ai rien contre) peuvent l’entendre. Ils ont une valeur ajoutée qui prend tout son sens dans l’échange, le partage et surtout dans la justesse. Un épicier fin n’est pas dans sa boutique pour vous faire dépenser à tout prix. Il est là pour veiller sur votre bon plaisir. Et c’est vraiment une autre affaire.

B.L

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3 Commentaires

  1. Box épicerie fine / 4 février 2014 at 9 h 47 min /Répondre

    Article très intéressant. C’est vrai qu’on l’oublie mais le contact et le conseil avec le vendeur est primordial. Comme d’aller discuter avec un caviste pour choisir un vin.
    Mais aujourd’hui beaucoup de consommateur sont habitués à ne plus discuter avec les commerçants et se réfugient sur internet.

  2. Deambrosis-Larcher caroline / 12 mai 2014 at 11 h 42 min /Répondre

    Belle définition que cet espace chargé d’histoires, de souvenirs, d’invitation secrètes, de préparations subtiles, de rêves partagés, un lieu où perdure le souvenir impérissable de la petite Madeleine de Proust.
    Je projette l’ouverture d’une épicerie fine aux USA et aujourd’hui recherche des fournisseurs de qualités, des fournisseurs passionnés qui pourront me conseiller, me guider dans ce grand et beau projet d’emporter avec moi un petit bout de France, un petit bout d’Europe, une culture et un parfum.

    • lecoqgourmand / 12 mai 2014 at 12 h 15 min /Répondre

      Je vous recommande vivement de vous abonner au magazine “Le Monde de l’Epicerie Fine” et de tenter de vous procurer les anciens numéros qui fourmillent d’adresses de producteurs. Ecrivez de ma part à “le monde de l’épicerie fine” . Bien cordialement. Tenez-moi au courant de l’avancée de votre projet. BL

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