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Certains restaurants demandent deux visites pour que l’on puisse se faire une juste idée de leur(s) qualité(s) ; l’avantage avec La Table de Botzaris – il en faut bien un -, c’est qu’en une visite et un plat : la messe était dite. Je n’y mettrai plus les pieds. Je m’explique. Après avoir visité le délicieux quartier de la Mouzaïa en rêvassant d’une petite maison à Paname, j’ai réellement eu le sentiment de m’être fait balader. Propret et seul restaurant de cette partie de la rue du Général Brunet (Paris 19e), la Table de Botzaris inspire d’emblée confiance. Mieux, une fois poussée la porte, un rayon bibliothèque chargée de guides et de livres de recettes nous indique que le chef en est un, un vrai, et des photos – avec Bocuse, Ducasse– nous confortent dans cette impression. Du coup, ça m’a rendu presque souriant. Et dans l’euphorie, chose que j’évite d’ordinaire, j’ai même pris l’initiative d’engager la conversation avec le garçon qui se révéla un quart d’heure plus tard être le chef. Un garçon-chef donc, qui me raconta que cette maison fut jadis celle d’Eric Fréchon et que lui-même travailla avec les frères Conticcini du temps béni de la Table d’Anvers. Qui m’explique qu’aujourd’hui (ce samedi) étant un jour de week-end il me propose une carte simplifiée, mais que je peux, si je veux, choisir mon repas sur la carte gastro. Etant moi-même en week-end et flairant une odeur pénétrante de poisson fatigué venue des cuisines, j’ai choisi de rester sur l’option du week-end et opté pour un plat que la bistronomie décline jusqu’à plus d’frites : le hamburger du chef. A 18 € la portion, je ne prenais aucun risque. Tu parles ! C’était nul. Un steak haché sur un bout de pain, flanqué d’une ou deux feuilles de salade, d’une rondelle de tomate et de huit frites exactement. Sans sauce. Sans fromage et surtout sans talent. Pour 18 €, ce n’est pas sérieux. Pas plus sérieux que la carafe de vin (50 cl je crois) à 25 €, soit plus chère que la moyenne des plats proposés pour le week-end. Le tartare de mon convive était moins pire. Mais voilà : 30 € par tête de pipe pour un hamburger décevant, un tartare de bœuf sans relief et deux verres de vins par personne : c’est du grand n’importe quoi. Je ne sais pas ce qu’en pensent les heureux propriétaires de villas de la Mouzaïa, mais j’imagine qu’ils doivent rêver d’autre chose qu’un quartier à l’abri de toute émotion gastronomique.

 

La Table de Botzaris. 10, rue du Général Brunet 75019. (Tél inutile)

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