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On nous annonce comme une bonne nouvelle la venue à Bordeaux de Gordon Ramsay, après Joël Robuchon et Philippe Etchebest. Le chef britannique va reprendre les rênes du Pressoir d’Argent, restaurant gastronomique du Grand Hôtel de Bordeaux. Mais quand y sera-t-il vraiment, lui, physiquement ? L’homme est à la tête de 25 restaurants dans le monde et il ne sait pas résister à une caméra de télévision. Combien de temps va-t-il consacrer à cette nouvelle prise ? Lui arrivera-t-il de croiser Joël Robuchon sur le marché plutôt qu’à l’aéroport (je n’ose pas préciser lequel) ? Ces chefs courant d’air qui cuisinent par webcams interposées commencent à devenir insupportables. A force de tout vouloir maîtriser à distance, ils nous imposent une cuisine codifiée à l’extrême qui ne laisse plus aucune place à l’émotion et, par leur force de frappe médiatique, volent la vedette aux vrais artistes qui, à l’instar d’Alain Passard à Paris, sont présents dans leur maison. Je ne sais plus si c’est Christian Millau qui avait évoqué cette idée, mais le législateur si prompt à pondre des lois favorisant la transparence pourrait en ajouter une autre : que les établissements qui revendiquent un grand nom dans leur cuisine soient obligés de hisser le pavillon quand la star annoncée est réellement présente. Et qu’ils le baissent quand elle n’y est pas. Après tout, que dirait-on si Charles Aznavour était à l’affiche d’un concert alors qu’il ne serait pas, lui, présent sur scène ? Mes contradicteurs vont pouvoir me ressortir la boutade de Paul Bocuse qui répondait à un journaliste imprudent que, lorsqu’il n’était pas à Lyon, c’était la même équipe qui faisait la cuisine que lorsqu’il y était. Bien sûr. Avec trois remarques : la première, c’est que le grand Paul -je j’adore- aurait mieux fait de s’absenter moins souvent. La seconde : sa cuisine s’y prêtait davantage. Et la troisième, c’est que ses absences étaient bien moins longues et bien moins fréquentes que nos superstars d’aujourd’hui.

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