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Alors que le département de la Vienne a dépensé plusieurs dizaines de millions d’euros au financement de la LGV qui permet de relier aujourd’hui Paris à Bordeaux en un peu plus de 2h, alors que la ville de Châtellerault a elle-même contribué financièrement à sa réalisation, voici que la SNCF, sans doute en guise de remerciement, s’est appliquée à déclasser la sous-préfecture de la Vienne qui perd ici sur tous les tableaux. Les voyages Paris-Châtellerault sont devenus une véritable épreuve. Moins de train, des trajets plus longs –beaucoup plus long parfois que pour se rendre à Poitiers pourtant plus éloignée de Paris- et des horaires beaucoup moins pratiques : on se demande qui en veut à Châtellerault et surtout, si cette mise à l’index est conforme aux engagements de nos dirigeants politiques ?

La réponse est non. Rien ne correspond aux promesses. Et pire, le préjudice considérable que ce mépris fait peser sur cette ville déjà bien à la peine pourrait un jour lui être fatal. C’est non seulement irresponsable en matière d’aménagement du territoire, mais c’est une vraie brimade infligée aux utilisateurs du TGV qui se voient contraints de payer plein pot des trajets dans des TGV qui se rapprochent de plus en plus des trains corail, quand ce n’est pas des TER. Quand on songe que pour regagner Paris en 1h44 il est demandé aux voyageurs de se rendre en TER à Poitiers pour repasser une demi-heure plus tard par Châtellerault – Pour un Paris Poitiers qui va mettre environ 1h15- on se dit que la régression imposée a des allures d’humiliation. Des associations se sont créées, des élus locaux ont protesté, mais rien ne semble devoir bouger. Il doit pourtant bien être possible de ralentir quelques trajets entre Paris et Bordeaux (certains se font sans escale) pour rééquilibrer la situation. C’est une simple question de volonté. Si on ne le fait pas et que le manque d’attractivité fini par couter de nouveaux emplois perdus à Châtellerault – c’est inévitable- où seront les responsables de cette sinistre farce ? Qui pourra leur demander des comptes ? C’est trop facile. Comme il sera trop facile de revenir avec des enveloppes pleines de promesses en sauveur de situations perdues.

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