fbpx

Par

42 jours de grève. A l’heure où j’écrivais ces lignes pour le magazine Nous CHRD, le bras de fer qui s’était engagé autour de la réforme des retraites n’est pas complètement terminé. Et du reste, il ne l’est pas encore tout à fait. Ici où là, quelques jusqu’au-boutistes (indemnisés par les syndicats) continuent d’emmerder nos concitoyens en menant des actions injustifiables. Je n’ai bien évidemment rien contre le droit de grève, sauf lorsqu’il permet à une minorité de bloquer tout un pays avec des conséquences néfastes et immédiates sur son économie. On parle tout de même de 740 millions de perte pour les CHRD, encore plus gravement touchés à Paris. Et c’est bien ce blocage des transports (et non la grève) qui a conduit Mathias Danjou, patron de « La Salle à Manger » à Boulogne-Billancourt, à publier le 9 janvier sur Le Bon Coin une annonce dans laquelle il proposait d’échanger son restaurant (valeur du fonds 650.000 €) contre un poste à la RATP. L’affaire a largement été commenté par nos confrères qui lui ont donné la parole et c’est une bonne chose. Car derrière le panache de la dérision, il y a surtout un patron qui n’en peut plus de se battre. « J’ai perdu à ce jour plus de 29.000 euros m’a-t-il affirmé*, et je sais que je ne vais jamais récupérer ce manque à gagner. Je veux bien assumer ces pertes avec mon épouse mais je n’accepterai pas que cela puisse avoir des conséquences sur mes collaborateurs. Ici nous fonctionnons avec un esprit de famille et je me vois mal choisir lequel de mes employés licencier plutôt qu’un autre. »

La pénibilité en question

Mathias Danjou a posté un message plus piquant sur Facebook annonçant cette fois-ci qu’il était à la recherche de cheminots grévistes pour un stage rémunéré de sensibilisation à la pénibilité. Et c’est bien sur ici que se place le débat. Quelle impudeur faut-il aujourd’hui à des conducteurs de train ou de métro pour considérer que la pénibilité de leur tâche leur donne plus de droits qu’à des infirmières, des instituteurs ou des pompiers ? Lorsque l’on sait tous les avantages sociaux dont ils bénéficient tout au long de leur carrière, il est particulièrement difficile d’accepter d’être pris en otage; davantage encore lorsque l’on est commerçant et que l’on est touché au portefeuille. Et il y a forcément quelque chose d’insupportable lorsque l’on voit à la télévision un responsable syndical parler de dommages collatéraux sans douter une demie seconde de l’injustice sociale dans laquelle son action place certains de ces concitoyens. J’en ai même entendu un dire « on se bat pour les commerçants aussi, ils nous remercieront plus tard. » C’est révoltant. Heureusement, les professionnels des CHRD sont montés au front en témoignant en masse leur soutien à Mathias Danjou devenu en l’espace de quelques jours le symbole d’une profession – qui après les attentats et les gilets jaunes – se retrouve au bord de la crise de nerf. Même si cela n’a pas empêché -je le signale parce que c’est écœurant- quelques décérébrés anonymes d’essayer de salir cet élan de solidarité en postant sur Tripadvisor (qui les a depuis fait disparaître) des messages répugnants sur La Salle à manger, une telle solidarité fait plaisir à voir.

* sans parler des courses en Uber qui, cela dit au passage, se sont scandaleusement gavés durant cette période

A propos de l'auteur

 

Laisser un commentaire

4 × 1 =