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Une des plus grandes impostures des grandes surfaces et des circuits de vente assimilés est sans aucun doute d’avoir réussi à faire croire à une grande partie de leur clientèle que tout pouvait s’acheter à prix discount.

C’est un mensonge qui fait un tort considérable et le nombre des victimes est bien plus important qu’on l’imagine.

D’abord il y a les filières qui se retrouvent injustement concurrencées par des produits qui –s’ils correspondent bien aux normes des commissaires européens qu’il faudra un jour condamner pour faute de goût- n’ont strictement rien à voir les valeurs contenues dans le produit original.

C’est vrai pour le fromage qui une fois pasteurisé perd tout son intérêt gustatif (merci à l’ami Périco pour son combat salutaire) mais c’est vrai aussi pour des produits plus nobles encore qui portent à mes yeux, lorsqu’ils sont maltraités, le plus de tort à celles et ceux qui font bien leur travail. J’en veux pour preuve un saumon Atlantique élevé en Ecosse, fumé au bois et salé au sel sec vendu par une enseigne (Dia) que je viens de goûter.

Je ne comprends pas pourquoi un produit comme celui-ci, qui contenait c’est un comble des arêtes, peut trouver sa place dans les rayons d’un magasin, aussi « populaire » soit-il. Ça veut dire quoi ? Qu’en guise de saumon fumé, lorsque l’on n’a peu de moyens, on est condamné à mal manger un produit qui est à mille lieux de ce qu’il devrait être ?

Que le rêve peut s’inscrire sur une étiquette mais pas dans les assiettes ?

Ce n’est pas juste et c’est vraiment mal considérer les clients qui, s’ils n’ont pas eu la chance de goûter un jour un vrai bon saumon fumé (Volga, Kaviari, Maison Nordique…), vont s’imaginer que le saumon fumé, ce produit festif par excellence, ça peut être cette chose cartonneuse et infâme ?

La même chose pourrait être dite sur le foie gras et bien d’autres produits qui, sous prétexte de démocratisation, sont salis par manque de respect et de savoir-bien-faire. Ou pour des raisons bien plus cyniques encore.

Cela me fait penser que les normes qui pourrissent la vie de bien des producteurs ne servent à rien. Elles ne servent en tout cas pas la cause du goût. Du bon goût. Et lorsque l’on lit les alertes qui paraissent au sujet du saumon d’élevage, on n’est même pas certain qu’elles servent la cause sanitaire. Autant dire qu’elles ne servent à rien, si ce n’est qu’à protéger les mauvais faiseurs… Ce que je viens de goûter était indigne. Et pourtant…

J’ai jeté mon saumon à la poubelle et la pauvre bête est née et morte pour rien. Je ne connais rien de plus sinistre. Je n’aurais pas dû, moi le connaisseur, tomber dans ce piège ? Mais je n’étais pas chez moi, juste invité par une personne qui croyait bien faire et a déboursé près de 5 € pour un produit révoltant.

La grande distribution porte une responsabilité considérable dans cette confusion organisée. Elle pourrait pourtant bien faire. Refuser de vendre des produits médiocres. Car entre des sardines millésimées à 5 € et ce saumon fumé si loin de la vérité : il n’y a pas photo.

On devrait obliger les distributeurs à ingurgiter la daube qu’ils nous refilent parfois. Cela les calmerait peut-être. Et  cela éviterait surtout à des gens de bonne foi de se faire maltraiter en pensant bien faire. Et à briser des rêves de gourmandise.

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