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Comme chaque année, les deux semaines précédant la parution du guide Michelin ont occupé une partie de la blogosphère au petit jeu des pronostics. Avec pas mal de succès, il faut le dire, puisque le lundi 1 février le palmarès du guide rouge ne comportait pour ainsi aucun scoop, en tout cas au niveau des trois et deux étoiles dont les plus significatives avaient été divulguées trois jours plus tôt. Si l’on admet objectivement que l’évènement relatif reste la troisième étoile décernée à Christian Le Squer, chef du Cinq au George V (Paris), les observateurs ont pu s’amuser du petit jeu de la Ducasse team (réseau compris) qui faisait mousser une troisième étoile décrochée au Plaza Athénée tout en taisant celle perdue à l’Hôtel Meurice, ou encore chez Rech. Idem pour l’équipe conduite par Joël Robuchon à Bordeaux qui a décroché 2 étoiles pour la Grande Maison (l’objectif annoncé avant l’ouverture était 3) et en perdait une à l’Atelier de Joël Robuchon à Paris.

Une sorte de jeu de bonneteau qui donne l’impression que les responsables du guide rouge ont décidé de brider l’appétit féroce de nos supers grands chefs ; une façon de rappeler aussi qui distribue les cartes. La moisson des 2 étoiles est sans doute plus instructive, avec plus de prises de risque intéressantes (restaurant Sylvestre avec le chef Sylvestre Wahid chez Thoumieux ; le restaurant « Histoires » avec Mathieu Pacaud), tandis que les 42  « 1 étoiles » supplémentaires laissent parfois planer le doute sur la compétence des inspecteurs chargés de rédiger les rapports ou l’usage qui en est fait. Tout ceci pour dire que ce millésime ne mérite finalement pas l’attention qu’on lui prête et le regretter très clairement car il nous faut un guide fort et crédible pour définir la France gourmande d’aujourd’hui aux yeux du monde. Pour y parvenir, Michelin doit accepter une fois pour toute de faire le ménage : il y a beaucoup trop d’étoiles en circulation et leur attribution est beaucoup trop figée dans le temps pour qu’elles puissent refléter une juste réalité du terrain. Sans doute faudra-t-il également se résoudre à proposer moins d’adresses, même si c’est contraire avec la loi du net (guide en ligne) qui pousse les éditeurs à empiler les adresses pour augmenter leur trafic. Et c’est le vrai danger. Car le postulat qui consiste à trop embrasser montre chaque année les limites du genre. Cela fait plus de vingt ans que je l’écris : les troupes en jeu ne suffisent pas pour visiter raisonnablement les 4 400 restaurants qui figurent dans le guide. Et je ne compte pas les hôtels…

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