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Un tour de France de quelques tables de bonne volonté m’amène à lancer un appel à tous les restaurateurs qui, croyant bien faire, surchargent encore leurs assiettes. Que l’on me comprenne bien, je ne suis pas un adepte du trait dans l’assiette et des portions minimalistes. Je ne vais pas davantage au restaurant pour perdre du poids. Mais tout de même, j’ai parfois de la peine de découvrir, noyé dans un environnement devenu hostile, un produit de bonne qualité, bien traité au niveau de la cuisson, des assaisonnements.

Je vous parle de ça parce que j’ai en mémoire des dizaines de plats qui sont passés à côté de la cible que leur concepteur s’était très certainement fixé : à savoir, me faire plaisir. Et j’ai une pensée émue pour ce dos de cabillaud flanquée d’une tombée d’oignons rouges et de haricots coco bio. Ah ! Si au moins le chef avait tenu la promesse contenue dans l’énoncé du plat… Mais non. J’ai vu arriver mon pauvre poisson recouvert de deux pommes gaufrées qui n’avaient pas été annoncées, noyé dans une sauce à la crème sur laquelle surnageait une ribambelle de petits légumes taillés, la tombée d’oignons et les haricots ; l’ensemble souligné par ce petit trait décoratif épuisant : les trois petites tomates cerise et la feuille de salade. Non mais franchement ? Outre le mal que s’est forcément donné le professionnel dans sa mise en place, je me demande encore à quoi toute cette armée d’ingrédients inutiles pouvait servir ? S’il faut faire le ménage avant d’attaquer un plat, il y a de forte chance qu’on le déguste froid et qu’en prime on salisse la nappe. C’est d’autant plus triste que le cabillaud avait sans doute quelque chose à dire et qu’une petite partie de ping-pong gustatif avec la tombée d’oignons et les haricots lui aurait amplement suffit. Les bonnes intentions sont parfois trompeuses et la simplicité –pas la mesquinerie- est toujours ce qui habille le mieux les bons produits.

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